Parole A : François le Missionnaire pour notre temps

6 octobre 2018

Nous vous présentons en résumé le dernier livre sur le pape François de janvier 2020 intitulé : « Sans Jésus nous ne pouvons rien faire ! » Il s’agit là d’une feuille de route sur la Mission. Voyez plutôt ...

Dans un livre intitulé « Sans Jésus,
nous ne pouvons rien faire » sortie le 8 janvier 2020, le pape François
délivre une feuille de route sur la mission.

Loin d’être une méthode toute faite, la « mystérieuse
fécondité de la mission » naît du « vertige que l’on éprouve en
présence des paroles de Jésus », déclare le pape François. Le souverain
pontife s’élève contre toutes les attitudes conduisant à travestir la mission.
Dans un style presque lapidaire, il rétablit le sens de l’attitude missionnaire
et dénonce les comportements conduisant à la travestir. Voici ses dix
punchlines les plus importantes.

1 Aller aux périphéries

« Église en sortie » n’est pas une expression à la mode de mon
invention. Elle est un commandement du Christ, qui, dans l’Évangile de Marc,
demande aux siens d’aller à travers le monde et de prêcher la bonne parole (…).
Soit l’Église est en sortie, soit elle n’est pas l’Église. Soit elle est
annonce, soit elle n’est pas l’Église. Si l’Église ne sort pas, elle se
corrompt, se dénature. 

2 Se laisser surprendre

La mission n’est pas un projet d’entreprise bien rodé. Ce n’est même pas un
spectacle organisé pour compter le nombre de personnes y prenant part grâce à
notre propagande. L’Esprit saint agit comme il le veut, quand il le veut et où
il le veut. 

3 Se mettre à l’écoute

La mystérieuse fécondité de la mission ne tient pas à nos intentions, à nos
méthodes, à nos élans et à nos initiatives, mais elle est liée à ce vertige :
le vertige que l’on éprouve en présence des paroles de Jésus.

4 Témoigner et non pas déclarer

Dans l’expérience commune, on n’est pas frappé si l’on rencontre quelqu’un
qui circule en martelant ce qu’est le christianisme. (…) Dans l’expérience
commune, il arrive le plus souvent d’être marqué par la rencontre avec une
personne ou une réalité humaine qui surprennent par des gestes et des mots
révélant la foi dans le Christ. 

Ici, selon le pape, le témoignage vaut bien plus que les longs discours. La
mission, souligne-t-il, relève de l’attraction.


5 Faire l’éloge de la tendresse de Dieu

Annoncer l’Évangile à haute voix ne consiste pas à assiéger les
autres à l’aide de discours apologétiques, à hurler rageusement à l’adresse des
autres la vérité de la Révélation. Il n’est pas plus utile de lancer à la tête
des autres des vérités et des formules doctrinales comme si elles étaient des
pierres. Quand cela se produit, c’est le signe que les paroles chrétiennes
elles-mêmes sont passées à travers un alambic et se sont transformées en
idéologie.

Le pape ne manque pas ici l’occasion de rappeler aux fidèles les dangers
du prosélytisme dont on se rapproche dès lors qu’on veut se passer de
« l’attraction du Christ et de l’œuvre de l’Esprit ». Ce n’est pas en « martelant ce qu’est le
christianisme » ou en prêchant sur le bien et le mal que l’on convertit
mais bien avec des « gestes et des paroles » révélant le Christ.
L’expérience de la conversion est ainsi assimilable à celle d’un enfant
observant les gestes d’amour de ses parents : avant de savoir ce qu’est
l’amour, il l’observe.

6 Avoir l’humanité pour famille

Aujourd’hui il existe des cercles et des milieux qui se présentent comme
illustres, « éclairés », et enferment l’annonce de l’Évangile dans leurs
logiques distordues qui divisent le monde (…) Ils tiennent en grande partie la
famille humaine comme une entité inférieure. 

Ici sans détour, le Pape dénonce des attitudes élitistes, bien loin du
message évangélique.

7 Comprendre que chaque baptisé est
appelé

Parfois dans l’Église, j’entends parler de “laïcs engagés”. Cette formule ne
me convainc pas. Si vous êtes un laïc baptisé, vous êtes déjà engagé. Le
baptême suffit.

Ici pour le Pape, chaque baptisé est appelé à la mission et personne n’a de
« compétence » particulière pour maintenir vivante l’Église !

8 Se laisser porter au lieu de
vouloir contrôler

Un trait distinctif [du missionnaire] consiste à faciliter la foi et non à
la contrôler. (…) Ne pas mettre d’obstacle au désir de Jésus d’embrasser tout
le monde, de guérir tout le monde, de sauver tout le monde. Ne pas faire de
sélections, ne pas établir de “douanes pastorales”. Ne pas faire partie de ceux
qui se tiennent sur le pas de la porte pour contrôler si les autres possèdent
les qualités nécessaires pour entrer.

9 La mission est un contact humain

Comment imaginer que la foi puisse se transmettre comme une espèce de
transplantation de l’organisation d’un pays dans un autre (…). L’inculturation
ne se fait pas dans des laboratoires théologiques, mais dans la vie
quotidienne. Il faut se garder de tous les systèmes, de toutes les sortes
d’annonces qui, sous n’importe quel prétexte, essaient d’imposer cette
présentation (…). La mission est un contact humain, elle est le témoignage
d’hommes et de femmes qui disent à leurs compagnons de voyage : “Je connais
Jésus, je voudrais te le faire connaître”.

10 Habiter le temps

Pour suivre Jésus et annoncer l’Évangile, (…), il faut aussi “se poser”,
demeurer dans les lieux et les situations où le Seigneur nous conduit. Sinon la
mission peut devenir un prétexte pour faire du tourisme spirituel déguisé en
apostolat, ou un exutoire à sa propre inquiétude.” Et le Pape de renchérir :
“Il ne s’agit pas de faire de l’animation missionnaire comme s’il s’agissait
d’un métier, mais de vivre avec les autres, de les suivre pas à pas, de
demander à les accompagner en apprenant à cheminer à leur rythme.

Pape François - janvier 2020