Le manque de Foi : un manque de raison ?

8 juillet 2018

Jésus visitant Nazareth est étonné du manque de foi qu’il y a dans son village, le pays de son enfance, où presque tout le monde se connaît. On ne croit pas en Lui alors que partout ailleurs ses messages se répandent de plus en plus ! Cela se passait il y a près de 2000 ans, mais si Jésus venait chez nous aujourd’hui ne s’étonnerait-il pas tout autant du manque de foi dans notre secteur paroissial ?

Pourquoi y en a-t-il qui sont moins croyants que d’autres ? Comme le dit Jésus, un prophète n’est méprisé que dans son pays. Autrement dit Jésus est perçu seulement comme le fils du charpentier que les nazaréens ont vu grandir, incapables de découvrir en lui autre chose que l’enfant du pays, bien sage, sans problèmes.

C’est aussi un peu la même situation en France. Nous avons eu beaucoup de saints qui ont marqué l’histoire de notre pays ! Malgré ce magnifique passé chrétien, nous sommes passés d’une foi de conviction à une foi de tradition, d’une relation intime avec le Christ à une relation de sympathie jusqu’à tomber dans l’indifférence actuelle, la glissade vers le paganisme, l’apostasie !

Certes certains perçoivent encore Jésus comme le santon de la crèche entouré d’un âne et d’un bœuf. Et beaucoup se déplace l’hiver pour voir les belles crèches de nos églises comme celle de notre vieille église de Bonnieux reconnue comme l’une des plus belles de la région. Mais dès que les crèches sortent de la sphère Eglise que de basses polémiques. Néanmoins presque tout le monde fête Noël ! C’est vrai ! Mais bien peu la naissance du Fils de Dieu ! Beaucoup fête Pâques avec les chocolats, mais bien peu sa résurrection. L’occidental, comme la quasi totalité des habitants de notre secteur interparoissial, passe à côté du mystère du salut offert à toute l’humanité ! Hélas cela n’est pas sans conséquences sur la société.

Alors, pour tenter d’infléchir cette tendance, nous autres prenons garde de ne pas banaliser notre foi ni de l’enfermer dans la seule sphère privée qui ne dépasse pas le seuil de nos portes. L’Evangile est une perpétuelle nouveauté : une bonne nouvelle qui doit sans cesse étonner les habitants de notre secteur interparoissial comme au temps des Nazaréens d’antan !

Ne faisons surtout pas passer notre foi comme une seule adhésion à des valeurs qui auraient marqué un temps l’histoire. L’emprunte du christianisme laissée par nos ancêtres ne peut être balayée. Notre foi est basée sur un homme, certes un Nazaréen charpentier comme son père, mais qui est - ni plus, ni moins – le Fils de Dieu, le Messie, l’envoyé de Dieu, notre sauveur ! Cette réalité émane de la révélation divine, adjacente à des sources historiques totalement authentifiées !
Autant que cela puisse paraître étonnant, le propre de notre foi est de croire à la Révélation divine. Notre raison croit ce qui est raisonnable, mais notre raison est limitée, petite et elle peut en certaines circonstances être vite dépassée. Notre raison est mise en permanence à contribution pour le quotidien de nos vies. Elle est même indispensable et fait appel à notre intelligence. Mais dès qu’il s’agit, non plus du nécessaire, mais de l’essentiel, c’est-à-dire du sens de notre vie, du pourquoi de nos existences, de la question de l’au-delà après la mort, notre raison peut buter. Elle peut se bloquer dans une incapacité à comprendre. C’est là qu’intervient l’acte de foi soutenu par l’Eglise pour franchir l’obstacle. La raison conjuguée avec l’acte de foi vient bousculer nos limites et apporte enfin le sens véritable à nos questions.

Pour nous la foi en complément de la raison se traduit en une proclamation qui mue toute notre vie : Jésus est le Fils de Dieu ! Il est ressuscité ! Il est là ! C’est notre sauveur ! Dès lors nos vies s’orientent différemment ! La relation de communion avec Dieu n’est pas une idée de convenance mais bien une réalité vécue. Et c’est bien ce que nous faisons à présent : nous partageons ensemble la communion avec Dieu ! Voyons de vivre continuellement dans cette communion par la prière, cette prière même qui nous réunit ici aujourd’hui en cette vieille église de Bonnieux que nous aimons et que nous restaurons. Elle est marquée de toute une histoire depuis tant de siècles grâce à nos ancêtres qui se sont investis avant nous.

Alors frères et sœurs action de grâce pour tous ceux qui contribuent encore de nos jours à sa sauvegarde comme à son entretien. Nous avons eu l’occasion de le faire officiellement vendredi matin sous l’invitation de monsieur le Maire ici présent.

Grâce à la contribution de tous, le peuple chrétien peut continuer au fil des ans à glorifier le Christ à travers nos différents offices : Mariages, Fêtes de la Vierge, Messes, Obsèques, Fêtes solennelles comme Noël, l’Ascension, mais aussi avec des manifestations culturelles comme nos nombreux concerts. Voilà tout autant de moments forts entendus par la population de Bonnieux comme de l’extérieur. Alors aujourd’hui nous sommes en action de grâce par la célébration de cette eucharistie qui s’achèvera par la bénédiction de l’église !

Merci à tous !