« Dieu exalté dans sa Gloire »

28 octobre 2018

Homélie du 28 octobre. Venez entendre en direct la prochaine homélie lors de la prochaine messe !

La première lecture, dans le livre du prophète Jérémie, nous dit
combien Dieu est un père pour Israël qui pleure et supplie, en le
faisant revenir à Lui pour le conduire en lieu sûr
Mais au-delà de la narration historique, qu’y a-t-il d’important que
le Seigneur veut dire à son peuple dans la prophétie de Jérémie ?
Car à cette assemblée d’Israël composée de gens de toutes sortes,
Dieu veut faire comprendre que, non seulement il les ramènera de
captivité, mais surtout, de leur inconduite et de leur péché.
Ce n’est pas tellement le fait du handicap physique qui importe
dès lors, mais bien plus le handicap spirituel dont Israël est à la
fois auteur et victime.
Mais le Seigneur veut rassurer son peuple, lui montrer que rien
n’est perdu à jamais, et qu’en qualité de père il est toujours
présent, veillant sur ses enfants et prêt à les aider, à les sortir de
leurs fautes pour les conduire en un lieu « où ils ne trébucheront
pas », c’est à dire son Royaume.
Mais Israël entendra-t-il toujours ? Sera-t-il dorénavant fidèle ?
Reviendra-t-il une fois pour toutes vers le Père ?
La réponse est « non », et nous le savons car c’est aussi notre
réponse ; nous voulons toujours nous convertir mais nous nous
convertissons rarement. Pour la plupart en effet, les chrétiens,
quand encore ils ne se disent pas que « croyants », n’entendent la
Parole de Dieu qu’à la messe, ne fréquentent peu ou pas le
sacrement de réconciliation ou suivent une catéchèse ; alors
après ? Tout simplement ils oublient Dieu, car leur coeur s’endurci
pour ne pas céder à l’humilité voulue par le Créateur et Sauveur,
alors qu’auprès de lui ils ne trébucheraient pas.
Mais il est tout aussi vrai qu’il est quasiment impossible à
l’homme, marqué de l’empreinte du péché originel, de rester hors
de la faute. Aussi, entendons le Père qui appelle, plein d’amour
pour ses enfants, évitons de trébucher et retournons à Lui en
vérité de coeur et d’esprit, car celui qui a dit :
« Je suis un père pour Israël » est aussi Notre Père pour sa plus
grande gloire.
Cette même gloire que le Christ ne s’est pas donnée, mais qu’il a
reçue du Père ainsi que l’écrira saint Paul dans la lettre aux
Hébreux de la deuxième lecture :
« Tu es mon Fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré ».
Ainsi, comme l’ancien Testament, l’apôtre redira que le grand
prêtre « doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme
pour ceux du peuple », car écrira également saint Paul « Tout grand
prêtre est pris parmi les hommes », c’est à dire au sein de cette
humanité d’aveugles et de boiteux de la prophétie de Jérémie ;
cette humanité qui revient vers son Dieu après son égarement.
Et deux mille ans plus tard, la Constitution dogmatique sur l’Eglise
« Lumen Gentium » du deuxième concile du Vatican, le définira de
la sorte : « les prêtres, par la vertu du sacrement de l’Ordre, à
l’image du Christ prêtre, sont consacrés …pour être les vrais
prêtres du nouveau Testament ».
Mais ce n’est pas tout ; saint Paul écrit encore :
« Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des
fautes par ignorance ou par égarement, car il est lui aussi, rempli de
faiblesse ».
Ce que Lumen Gentium viendra de nouveau confirmer pour les
prêtres de l’Eglise dans le monde de ce temps :
« En faveur des fidèles pénitents, ils remplissent le ministère de
réconciliation. »
Ainsi, à la manière du peuple d’Israël que Dieu fait revenir pour le
sauver, le prêtre ne peut pas se sauver seul car il ne peut se
donner la gloire à lui-même, mais ne la recevoir que de Dieu.
En effet, s’il a été « pris parmi les hommes » et « est capable de
compréhension », c’est bien par grâce, et c’est en cela que le prêtre
est à l’image du Christ, car et je cite encore saint Paul :
« On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par
Dieu, comme Aaron ».
Et puis l’évangile selon saint Marc, dont nous connaissons tous
l’épisode de Bartimée, cet aveugle recouvrant la vue après que
Jésus lui ait dit : « Va, ta foi t’a sauvé ».
Il y a là deux choses à considérer, qui ne doivent pas être
confondues si l’on veut comprendre.
L’une concerne le spectaculaire qui découle de l’émotion, l’autre la
guérison qui découle de la foi, et les deux sont différents, car
l’émotion n’est pas la foi et l’on peut guérir sans être sauvé,
comme d’ailleurs être sauvé sans être guéri.
De même, si saint Marc rapporte que « l’homme retrouva la vue »,
il n’écrit pas que Jésus a dit :
« Va, ta foi t’a guéri », mais « Va, ta foi t’a sauvé ».
Ce qui est essentiel dans le texte. Pourquoi ? Parce que lorsque
Jésus s’adresse à Bartimée, il l’interroge étrangement :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? », autrement dit :
« As-tu foi en moi ? » C’est une question théologique.
Et à cette question sous-entendue, Bartimée répondra à sa
manière :
« Rabbouni, que je retrouve la vue ! », autrement dit :
« J’ai foi en toi ».
Précisément ce qu’attendait Jésus : un acte libre, un acte d’amour,
un acte de foi. Et à nouveau il fait une réponse théologique :
« Va, ta foi t’a sauvé ! »
Alors frères et soeurs, nous voyons combien dans les lectures et
l’évangile sur le salut d’Israël, le ministère du prêtre et la guérison
d’un mendiant aveugle, Dieu est manifesté, exalté dans sa gloire.
Aussi, puissions-nous, par l’intercession de la Très Sainte Vierge
Marie, obtenir cette gloire pour l’éternité, et soyez dans la paix.
Amen.

Diacre Pierre Jannotta